Il y a des lieux qui deviennent des repères.
Pas parce qu’ils font du bruit, mais parce qu’au fil du temps — après quelques sourires discrets échangés, un bonjour, un verre partagé — on finit par s’y arrêter. On prend le temps. On discute. On revient.
L’Enquiquilleur, c’est exactement ça.
Derrière le comptoir, Stéphane.
Une présence sans artifice, une passion sincère pour le vin, et une vision claire : ici, on vient découvrir, échanger et faire quartier. Rien de démonstratif. Tout se joue dans la durée.
Une ouverture sous 44°C… et une histoire qui s’installe
Stéphane ouvre L’Enquiquilleur le 15 juin 2022.
Une journée de canicule — 44°C, le bitume fondait, se souvient-il.
Un démarrage dans l’intensité, mais un lieu qui, très vite, choisit un autre tempo. Celui du temps long.
Trois ans et demi plus tard, l’Enquiquilleur a trouvé son rythme : des visages familiers, des habitudes, des rituels. Le lien s’est tissé naturellement, jour après jour.
« En trois ans, on a cultivé du lien avec le quartier. Au final, j’ai trouvé bien plus que des clients : j’ai trouvé une deuxième famille. »
Un tempérament façonné par la mer
Stéphane est né près de l’océan. Et ça se sent.
Dans sa façon d’être, dans sa retenue, dans cette manière d’observer avant d’agir. Comme la mer, il n’est pas dans l’agitation permanente, mais dans la constance. Il faut parfois un peu de temps pour entrer en contact — et puis la conversation s’ouvre, profonde, sincère.

La mer, il y revient sans cesse : la voile, la nage en eau libre, les longues distances. Cette relation au large dit beaucoup de sa manière de travailler : endurance, engagement, fidélité.
Pourquoi Saint-Donatien ?

S’installer ici était un choix. Stéphane cherchait une vie de quartier, pas le centre-ville à tout prix. Il a trouvé à Saint-Donatien une dynamique commerciale vivante, une énergie qui circule, un quartier qui évolue sans perdre son âme.
Il évoque aussi le marché de la Caserne du jeudi, qui s’inscrit pleinement dans cet esprit : une proposition alternative, attentive aux petits producteurs, au bio, à l’éthique. Un lieu où l’on se reconnaît, où l’on prend cinq minutes pour discuter.
Ces micro-scènes du quotidien — le voisin qui promène son chien, la discussion improvisée, la bande de copains qui se retrouve — sont, pour lui, la matière première d’un quartier vivant.
Un parcours fait de détours… et de cohérence
Avant l’Enquiquilleur, Stéphane a connu plusieurs vies, toutes guidées par le vin.
Très jeune, il part apprendre là où le vin se fait : d’abord dans le Médoc, puis en Anjou et en Touraine, avant de s’installer plusieurs années à Saumur. Il y travaille comme ouvrier viticole, au plus près de la vigne et des saisons : taille, travail de la terre, vinification. Un apprentissage exigeant, concret, qui forge la patience et l’humilité.
Puis vient le besoin de prendre du recul. Stéphane s’éloigne un temps du vin et part au Canada. Là-bas, il découvre une autre façon de faire du commerce, un rapport plus direct aux clients, plus incarné. Et surtout, une évidence : ce qui l’anime profondément, ce n’est pas seulement de produire le vin, mais de le raconter, de le transmettre, de le partager.
De retour en France, sans plan figé, il retrouve progressivement le chemin du vin par le conseil et la relation. Il se forme, travaille dans des lieux dédiés au vin, affine sa parole. Très vite, une certitude s’impose : il est bien plus à l’aise pour parler du vin que pour le faire.
Peu à peu, l’idée d’un projet personnel prend forme. Un lieu à son image, où toutes ces expériences — la vigne, les régions traversées, le voyage, le commerce, l’humain — pourraient enfin se rassembler.
C’est ainsi qu’en juin 2022 naît L’Enquiquilleur.
L’Enquiquilleur : trois facettes
Stéphane résume son activité en trois volets complémentaires.
1) La cave
Environ 250 références (vin et bière artisanale), avec une ligne claire : bio minimum, nature quand c’est possible.
Derrière chaque bouteille, une cohérence : défendre des producteurs engagés, une agriculture, une filière.
2) Le bar à vin (sans carte figée)
Ici, pas de carte immuable. Une bouteille se termine, on passe à autre chose.
Le nom dit tout : “enquiquiller”, au bon sens du terme — challenger le palais, déplacer les habitudes, ouvrir des horizons, toujours dans le plaisir.
« Tu aimes, tu n’aimes pas — tu as le droit. Mais je vais te faire découvrir autre chose. »
L’idée n’est jamais de contraindre, mais d’accompagner.
3) Les moments à plusieurs
Privatisations, soirées entre amis, rendez-vous thématiques : l’Enquiquilleur accueille régulièrement des temps forts autour du vin et du produit.
Soirées vigneronnes, dégustations, raclette quand la saison s’y prête, ou soirées iodées en partenariat avec @la-paulette_huitres.
Des moments simples, fidèles à l’esprit du lieu : le produit au centre, et l’ambiance qui naît autour de la table.

Une idée pour la suite (en réflexion)
À moyen terme, Stéphane imagine faire évoluer l’offre du soir avec une petite restauration chaude, simple et qualitative. Une réflexion en cours, fidèle à l’ADN de l’Enquiquilleur : le produit, le plaisir, et le temps pris ensemble.
Son moment préféré : vendredi, 17h
Le vendredi en fin d’après-midi, quand la semaine se dépose.
Les habitués arrivent. Les rituels reprennent.
« Le vendredi, c’est le plaisir. Le reste de la semaine, il y a le travail. Là, on transmet une énergie. »
Un moment suspendu, à l’image du lieu.

Infos pratiques
📍 L’Enquiquilleur
144 rue Général Buat, 44000 Nantes
Cave (≈ 250 références, bio/nature), bar à vin sans carte figée, planches apéritives
Privatisations possibles
📞 09 87 01 33 00
🕒 Horaires
- Lun : fermé
- Mar–Mer : 16h–23h
- Jeu : 16h–00h
- Ven : 11h–13h · 16h–00h
- Sam : 10h–13h · 15h30–22h
- Dim : 11h–15h